Banyamulenge

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Par le Sénateur Georges Buse Falay :

Bien chers frères et sœurs,

Notre pays a hérité d’une longue dictature, toutes sortes de souffrances et de privations pour nos populations qui ont rarement connu la paix.

La libération du 17 mai 1997, sous le leadership de Mzee Laurent Désiré Kabila soldat du peuple, qui a mis fin à cette dictature, a été confrontée à une guerre anti – kabiliste impliquant des forces étrangères, guerre qui a arrêté net un espoir populaire de reprise lente et sûre d’une vie normale dans le pays.

La logique de négociation ayant été privilégiée, l’Accord Global et Inclusif sur la transition signée le 17 décembre 2003 marquera le point de départ du processus de la paix. La matinée politico – religieuse organisée ce jour dans le cadre de ce culte œcuménique consacré à la paix en RDC, nous amène naturellement à évaluer le processus de paix ainsi déclenché et à réfléchir sur le rôle de l’Eglise du Seigneur Jésus ainsi que du peuple chrétien du Congo Démocratique dans la consolidation de la paix dans notre pays.

Après la fin de la guerre et le retrait des troupes étrangères du territoire congolais, la marche des institutions de la transition est caractérisée par la guerre des tranchées politiques qui a purement et simplement remplacé celle des tranchées militaires.

Le Général Kunda et le Colonel Jules Mutebutsi, à la tête de leurs fidèles et appuyés par des soldats de l’armée patriotique rwandaise, ont mis la Ville de Bukavu à feu et à sang, sous prétexte de sauver la communauté congolaise Tutsi d’un génocide qui sera aussi tôt démenti par tous les observateurs de bonne foi, provoquant la colère unanime de toutes les couches de la population congolaise descendues dans les rues à cette occasion, pour désapprouver l’inaction de la MONUC et exprimer leur déception par rapport à l’espoir d’un retour définitif à la paix en échange de la formule 1 + 4, contestée alors en public.

Le séisme politique provoqué par le massacre des compatriotes congolais d’origine Tutsi dans le camp des réfugiés de Gatumba, ainsi que les troubles sociaux intervenus quelque temps après et provoqués par le retour d’autres réfugiés congolais de la communauté Tutsi ont contribué à fragiliser tout le processus de paix si laborieusement mis sur les rails.

L’insécurité persistante, en Ituri et au Kivu, du fait des groupes armés, des milices ou des soldats en uniforme qui continuent à distribuer la mort comme dans un jeu des cartes, hypothèque le retour à la paix.

Devant ce bilan négatif, avant de donner quelques avis et considérations, nous devrons d’abord avoir l’entendement chrétien de la paix.

Si le petit Larousse en couleurs définit la paix comme étant l’état dans lequel se trouve un pays qui n’est pas en guerre, une communauté qui vit dans la concorde, un être humain dont la conscience est tranquille devant un événement donné, et enfin, un lieu où il n’y a pas d’agitation, le Seigneur Jésus dit, que la paix qu’il installe dans le cœur de ceux qui le reçoivent comme Seigneur et Sauveur, n’est pas celle que le monde donne aux individus et aux communautés (Jean 14,27) car le monde donne bien souvent une paix armée, d’interposition ou d’imposition.

En effet, l’œuvre de la rédemption qui est en Jésus – Christ, installe dans le cœur du croyant une paix profonde dans ses relations avec Dieu d’abord, et dans ses relations avec la communauté dans laquelle il évolue ensuite. Or, le modèle de la paix véritable qui s’installe entre Dieu et l’homme est celui qui doit s’installer entre l’homme et son prochain, ce qui a manqué tout au long de la dictature et n’est pas encore vraiment perceptible aujourd’hui dans notre pays !

Cette paix entre l’homme et Dieu passe précisément par 7 étapes, à savoir :

1. la reconnaissance des  torts faits à Dieu ;

2. le renoncement à commettre ces torts à Dieu;

3. la réparation par la mort de Jésus – Christ à la place des coupables, pourtant responsables de leurs actes ;

4. le pardon ;

5. la réconciliation entre Dieu et l’homme ;

6. la paix entre Dieu et l’homme manifestée dans le cœur de l’homme;

7. l’alliance entre Dieu et l’homme basée sur les engagements à respecter de part et d’autre, contenus dans la Bible, parole de Dieu inspirée.

Il doit en être de même lorsqu’il est question d’installer la paix entre les hommes, belligérants ou opposants politiques, plus particulièrement entre les composantes et entités parties prenantes au dialogue inter - congolais.

Aussi sommes – nous en droit de nous poser 7 questions pour lesquelles chacun de vous a sans doute sa réponse en fonction de ce qu’il observe chaque jour qui passe :

1°. les composantes parties prenantes à l’Accord Global et Inclusif de la Transition en RDC ont – ils reconnu les torts qu’ils se sont faits les uns aux autres et ceux qu’ils ont faits au peuple ?

2°. les composantes parties prenantes à l’Accord Global et Inclusif de la Transition en RDC ont – ils renoncé à leurs actes répréhensibles ?

3°. La réparation est – elle dans les agendas ?

4°. Le pardon est – il sincère ?

5°. La réconciliation est – elle une réalité ?

6°. La paix est – elle présente dans les cœurs ?

7°. L’Accord Global et Inclusif, alliance de paix, ainsi que la Constitution de la Transition sont – ils respectés ? Tant que les réponses à ces 7 questions ne sont pas affirmatives, alors nous ne sommes pas encore au bout du tunnel du processus de paix.

Car, il n’y a pas de paix sans réconciliation ;

Il n’y a pas de réconciliation sans pardon ;

Il n’y a de pardon sans réparation ;

Il n’y a pas de réparation sans renoncement ;

Il n‘y a pas de renoncement sans reconnaissance des torts.

L’espoir de l’aboutissement du processus de la paix au Congo Démocratique repose désormais sur ceux qui ont expérimenté la paix avec Dieu.

Comme l’homme ne peut donner que ce qu’il a, le peuple chrétien du Congo Démocratique appartenant ou non aux composantes parties prenantes à l’Accord Global et Inclusif, doit s’approprier les expériences de reconnaissance des torts faits à autrui, de renoncement à faire les mêmes torts, de réparation rapide de ces torts à tout prix, de pardon, de réconciliation et de paix du cœur, même dans un environnement hostile et de respect strict de l’alliance de paix que constitue l’Accord Global et Inclusif pour la Transition en République Démocratique du Congo.

Il est grand temps que les chrétiens passent des paroles et des prières aux actions qui démontrent leur foi en Dieu! La paix que le Seigneur donne résiste aux tremblements provoqués par les inévitables problèmes qui naissent dès que deux personnes sont appelées à vivre en communauté.

Bien souvent, cela est dû à la confrontation des intérêts divergents d’une part, et à la compréhension particulière des différents aspects de la vie d’autre part. Rappelons nous du conflit des intérêts du ventre survenu entre les chrétiens Hellénistes et les chrétiens Hébreux au début de l’Eglise (Actes 6,1-6).

Concernant les divergences religieuses, la Parole faite Chair, Lumière du monde, est venue jeter un éclairage définitif sur la personne et le caractère de Dieu ainsi que sur la volonté de Dieu pour l’humanité. C’est pourquoi, nous, chrétiens du Congo Démocratique, quellesque soient nos Eglises, nous n’avons aucune excuse pour ignorer que la seule chose qui doit à la fois nous rapprocher autour du nom de Jésus et nous séparer du monde, c’est LA CRAINTE DE DIEU (Psaume 112), sans oublier la fermeté devant toute pensée, toute parole ou toute action susceptible de perturber notre foi dans l’amour de Dieu et dans la justesse de ses commandements, quelle que soit la situation dans laquelle nous nous trouvons.

De même, pour nous, chrétiens du Congo Démocratique, la paix véritable doit s’enraciner dans la fermeté devant toute pensée toute parole et toute action susceptible de perturber notre foi dans notre engagement à participer activement à la lutte héroïque contre tout système politique susceptible de provoquer la rupture de la paix, notamment, la dictature, la corruption, l’instabilité des institutions et le pourrissement dû à la situation de ni vainqueurs ni vaincus, suite au blocage des uns par les autres.

Un tel système politique est un obstacle à la promotion de la véritable paix.

Contrairement aux idées vagues qu’on se fait sur la paix, sa promotion et sa consolidation sont le résultat d’une lutte permanente, lutte contre le péché pour rester en paix dans les relations avec Dieu, lutte contre la dictature, la corruption, l’instabilité des institutions et le pourrissement dans leur fonctionnement pour préserver la paix politique, la paix sociale et la paix économique dont la rupture peut conduire à des embrasements inattendus, surtout lorsque les structures économiques, sociales et culturelles sont en décomposition comme c’est le cas aujourd’hui dans notre pays.

Le phénomène SHEGUE, conséquence des effets de la décomposition économique sur les familles mal affermies est une menace permanente pour la paix sociale. Il y a de la peine à imaginer que ce phénomène puisse être observé dans des familles catholiques ou protestantes.

Le chômage généralisé, conséquence des effets de la décomposition économique due aux mauvaises décisions de zaïrianisation et de radicalisation, respectivement, cession des petites unités de production et de commerce à des acquéreurs incompétents et étatisation des grandes unités de production toutes tombées en faillite, est une menace permanente contre la paix sociale. Il y a de la peine à imaginer que parmi les acquéreurs, il y ait des hommes ou des femmes confessant la foi chrétienne, mais qui ont participé à cette politique de partage du gâteau préparé par les autres.

Les antagonismes socio – culturels, fondés sur l’instrumentalisation des communautés ethniques ou tribales à des fins égoïstes inavouées et peu honorables, au profit des manipulateurs politiciens, et à l’origine des conflits tribaux ou interethniques avec leurs chapelets de victimes innocents, sont des menaces permanentes contre la paix sociale et politique.

Les antagonismes politiques, fondés sur l’instrumentalisation des militants à des fins égoïstes éminemment contraires à l’intérêt général et pouvant conduire à l’instabilité des institutions politiques ou au pourris-sement de l’appareil étatique incapable de travailler normalement, sont des menaces permanentes contre la paix politique et sociale.

C’est pourquoi, l’Eglise chrétienne, qu’il s’agisse des catholiques, des protestants, …, doit éclairer le peuple chrétien du Congo Démocratique, sur les stratégies lui permettant de s’engager dans les actions susceptibles de conduire le pays sur le chemin de la véritable paix, laquelle est analogue à celle que Dieu avait promise à ISRAEL, une fois qu’il serait installé dans la terre promise.

Nous qui sommes assemblés ici dans le cadre de ce culte œcuménique formons un échantillon du peuple chrétien qui présente plus de 80% des populations congolaises.

Je puis donc conclure que la grande majorité de la population congolaise est enseignée ou peu être enseignée sur l’histoire d’ISRAEL contenue dans la Bible, pour son édification, d’autant plus que les richesses contenues dans notre sol et dans notre sous-sol dépassent de loin le lait et le miel promis à ISRAEL.

En effet, par rapport aux problèmes complexes auxquels notre pays est confronté et par rapport à la ferme détermination qui doit être la notre, celle de sauver le Congo Démocratique, détermination à la quelle je vous exhorte, Frères et Sœurs, à attacher une grande espérance, nous avons un miroir où notre pays peut se regarder pour se voir tel qu’il est devant Dieu et comprendre la cause profonde de la situation dans laquelle notre pays se trouve, par rapport à la rupture de la paix avec Dieu.

En nous regardant dans ce miroir, nous nous rendrons très vite compte que la paix que le Congo Démocratique cherche, c’est celle que Jésus-Christ donne, la véritable paix.

Ce miroir, c’est l’histoire d’ISRAEL, laquelle commence lorsque Dieu demande à Abraham de quitter son pays, sa patrie et la maison de son père, pour aller vers une destination inconnue ( Genèse 12,1).

Cette destination lui sera indiquée beaucoup plus tard, après qu’il ait obéi à Dieu (Genèse 13, 14-15), avec une promesse ferme que la terre promise serait habitée par sa descendance (Genèse 13, 16-17).

Ceci ne laisse-t-il pas entrevoir l’appel de Dieu lancé au peuple congolais, appel auquel le peuple chrétien du Congo a répondu ?

Ayant répondu à l’appel de Dieu, le peuple chrétien du Congo doit à l’image d’Abraham, sortir des sentiers battus d’un système politique hérité de nos hommes politiques traditionnels, et qui a conduit le Congo Démocratique à la ruine.

C’est en sortant de ces sentiers battus que nous marcherons avec Dieu vers un avenir prometteur, où la véritable paix sera au rendez-vous.

Avant même que Isaac, enfant de la promesse et patriarche de la descendance promise à Abraham ne soit né, Dieu lui avait annoncé que la descendance lui promise serait en esclavage dans un pays étranger pendant 400 ans (Genèse 15, 13).

Dieu savait donc que nos ancêtres allaient être amenés en esclavage aux Amériques, que dans le cadre du partage de l’Afrique, le Congo allait être formé en 1885, d’abord comme propriété de Léopold II, pour devenir plus tard une colonie Belge.

Revenons à ISRAEL pour noter qu’au temps marqué, Dieu se souvint des promesses faites à Abraham concernant la libération d’ISRAEL de l’esclavagisme (Exode 3,7-10), avec promesse de le conduire vers un pays où coulent le lait et le miel.

Il en est de même du peuple noir, car il a été libéré de l’esclavage aux Amériques au temps marqué par Dieu ; quant aux populations congolaises, elles ont eu leur indépendance le 30 juin 1960.

Pourquoi n’avons - nous pas eu la paix véritable depuis lors, puisque des malheurs multiformes continuent à frapper nos populations sans désemparer, se concentrant aujourd’hui à l’Est du pays, sous forme des violences physiques endurées par des innocents ?

Les analystes, dans différents milieux philosophiques, politiques et religieux se sont exprimés pour expliquer les raisons de la déroute nationale.

Mais, je voudrais contribuer à cette démarche, en constatant avec vous ; qu’après avoir été libéré de l’esclavagisme en Egypte vers 1400 avant JC, ISRAEL est de nouveau parti en captivité dans des pays étrangers en 3 vagues successives environ 700 ans après sa libération du joug esclavagiste Egyptien, alors que Dieu avait promis la véritable Paix à ISRAEL par la bouche de Moïse, lorsqu’ISRAEL, enfin indépendant, entrerait dans la terre promise.

Il est en effet rapporté dans la Bible (Lévit. 26,3-12), les paroles prophétiques suivantes sorties de la bouche de Moïse et adressée à ISRAEL :

« Si vous suivez mes Lois, si vous gardez mes commandements et les mettez en pratique, je vous enverrai des pluies en leur saison, la terre donnera ses produits, et les arbres des champs donneront leurs fruits,

A peine aurez-vous battue le blé, Que vous toucherez à la vendange, et la vendange atteindra les semailles ; Vous mangerez votre pain à satiété et vous habiterez en sécurité dans votre pays.

Je mettrai la paix dans votre pays, et personne ne viendra troubler votre sommeil…

Vous poursuivrez vos ennemis et ils tomberont devant vous par l’épée. J’établirai ma demeure au milieu de vous et mon âme ne vous aura point en horreur, je marcherai au milieu de vous, je serai votre Dieu et vous serez mon Peuple ».

La leçon qu’il faut tirer du coup d’œil jeté dans cette partie de l’histoire d’ISRAEL est que si Dieu marche au milieu du peuple congolais, si Dieu est le Dieu du peuple congolais, si le peuple congolais devient le peuple de Dieu, alors le Congo Démocratique connaîtra la paix véritable comme celle promise à ISRAEL lors de la fin de son esclavage en Egypte.

La paix que Dieu donne n’est pas celle des vaincus, mais celle des vainqueurs. Laurent Désiré Kabila a rappelé à ce sujet la parole de Moïse.

Si le Congo Démocratique s’organise de sorte que la Nation entière soit gérée sur base des principes divins, ceux-ci devant transparaître partout dans les Lois et Règlements, le pays se placera dans une position où il bénéficiera des faveurs de Dieu.

Alors, la lumière de Dieu, qui doit devenir présente au milieu du peuple congolais, par le travail des Prêtres et des Pasteurs éclairera les dirigeants politiques pour leur permettre d’être efficaces dans la recherche des voies et moyens devant conduire à la résolution des graves problèmes qui se posent à la Nation Congolaise aujourd’hui.

Connaître la Paix Véritable signifiera alors pour le Congo Démocratique, être dans un état de sécurité totale, garantissant une réponse favorable aux exigences de la sécurité aux frontières, de la sécurité physique à l’intérieur des frontières nationales, de la sécurité du travail pour tous, de la sécurité alimentaire pour tous, de la sécurité médicale pour tous, de la sécurité hydraulique et énergétique pour tous, de la sécurité sociale pour tous. Ceci ne peut être que le résultat d’une bonne politique.

C’est pourquoi, élire des dirigeants politiques justes capables d’organiser la vie nationale de sorte que l’appareil étatique soit capable de répondre efficacement aux exigences de la tranquillité générale dans le Pays, sur base des Lois et Règlements Justes, opposables aux petits et aux grands, sans exception, doit être la préoccupation du peuple chrétien du Congo Démocratique.

C’est le sens qu’il faut donner au (Proverbe 29, 2) qui déclare :

« Quand les justes deviennent nombreux le peuple se réjouit ».

Il en va de l’élection comme de l’engagement d’un gardien de nuit dans une parcelle.

Pendant le sommeil, la responsabilité sécuritaire de la parcelle qui repose sur le chef de la famille est transférée au gardien de nuit.

Si celui-ci se cache quand le voleur vient, il a trahi celui qui lui a transféré sa responsabilité sécuritaire. Ce gardien de nuit a fait un tort à son patron dont la réparation est le licenciement.

C’est ainsi que par l’élection, le peuple qui est le patron du pays, transfère sa responsabilité politique à ceux qui sont élus, afin qu’ils parlent à son nom dans les institutions politiques où il ne peut être présent.

En cas de trahison, la réparation, C’EST LA DEMISSION QUI DOIT ETRE EXIGE  PAR LE PEUPLE.

Oui, nous représentons ici l’échantillon du peuple chrétien du Congo dont (Proverbe 29, 2) parle.

Aussi, est-il nécessaire de préciser de quelle façon le peuple chrétien du Congo Démocratique doit s’impliquer dans la vie politique du pays, sous l’éclairage de la Parole de Dieu et l’impulsion de l’amour patriotique, afin de participer au combat qui aboutira à l’avènement d’une paix véritable dans, notre pays.

Puisque nous parlons d’un combat pour l’avènement d’une paix véritable dans notre pays, nous devons désigner clairement les ennemis à combattre ainsi que les objectifs de ce combat.

A cause de tout ce qui a été développé plus haut dans la détermination des relations entre Dieu et ISRAEL, et de tout ce qui a été observé dans notre pays tout au long de son histoire tumultueuse, les ennemis de la véritable paix au Congo Démocratique sont l’occultisme, la dictature, la corruption, l’instabilité politique des institutions, le pourrissement et le tribalisme.

En effet :

1. L’occultisme pratiqué par les dirigeants politiques, écarte Dieu des sphères du pouvoir et renferme les dirigeants politiques dans l’obscurité par rapport à la nécessaire lumière qui convient dans la direction des affaires de l’Etat, ce que la Bible appelle malédiction (Déteronome 28,29) ; au lieu de consulter les prêtres ou les pasteurs pour une prière adéquate, ceux qui disent confesser la foi chrétienne se sont souillés avec les marabouts ou dans des scènes occultes dans des cimetières.

2. La dictature prive le peuple, souverain primaire, de l’exercice de la souveraineté nationale au travers de la quelle il a le pouvoir de désigner ses représentants dans les institutions politiques législatives dont les animateurs doivent, au nom du peuple, voter les Lois qui organisent toute la vie nationale, et contraindre le Gouvernement à la démission en cas de trahison, corruption ou détournement des deniers publics ; au lieu de diriger le pays selon les aspirations du peuple, les dictateurs, préoccupés par leur maintien inconditionnel au pouvoir écrasent le peuple tout en prétendant travailler pour ce dernier.

3. La corruption enrichit quelques individus peu soucieux du bien être général, au détriment de la communauté nationale pour la quelle les montants, objet de la corruption, ne peuvent contribuer à l’amélioration du bien-être général ;

4. L’instabilité politique des institutions, provient d’une culture qui n’absorbe pas les principes d’un régime Démocratique sous-tendu par un Etat de droit, ce qui ne permet pas souvent à certains projets entamés d’être finalisés ; tout comme le mauvais chrétien n’assimile pas les principes de la Parole de Dieu, le mauvais politicien traditionnel n’assimile pas les principes de la démocratie et de l’Etat de droit.

5. Le pourrissement dû à la situation politique dans la quelle il n’y a ni vainqueurs ni vaincus, peut paralyser la vie nationale par un équilibre précaire dans l’espace politique où personne ne peut prendre une décision salutaire sans l’accord de la partie adverse souvent en opposition viscérale ;

6. Le tribalisme, source des antagonismes socioculturels fondés sur l’instrumentalisation des communautés ethniques ou tribales à des fins inavoués et peu honorables au profit des politiciens manipulateurs enracinés dans le partage du gâteau préparé par les autres, jouisseurs insatiables accrochés éternellement aux mamelles de l’Etat, défenseurs acharnés des privilèges marchandés au marché politique noir, démagogues à l’image des sources d’eau asséchées ou des fontaines sans eaux, véritables ennemis de la paix pour tous ceux qu’ils enferment dans des discours haineux.

Nous, peuple chrétien du Congo Démocratique, encadrés par nos pasteurs et nos prêtres, comme un seul homme, devons barrer la route à tous ces ennemis de la paix au Congo Démocratique.

Mais, un combat sans objectif est un combat perdu d’avance, car qui conque combat sans objectifs est semblable à un homme qui, partant de chez lui le matin, ne sait où il va ni pourquoi il se rend brusquement à telle destination. Il est comme une feuille morte emporte par les vents, ne sachant où elle tombera pour être brûlé.

Quels sont alors les objectifs à atteindre au travers du combat pour l’avènement de la véritable paix ?

Comme pour une famille disloquée dont tous les membres éparpillés, père, mère et enfants veulent recréer la vie familiale, les objectifs essentiels à atteindre dans le combat pour l’avènement de la paix véritable au Congo Démocratique peuvent être définis aux niveaux de la pacification, de la législation et de l’animation de la vie nationale.

Au niveau de la pacification, le peuple chrétien du Congo doit s’investir massivement pour que les ennemis d’hier, se réconcilient aujourd’hui, afin qu’ils puissent vivre dans la paix des cœurs demain.

Chaque chrétien du Congo Démocratique doit réveiller l’amour de Dieu, l’esprit du pardon et l’esprit de la patience chez lui-même, avant de les transmettre ou de les réveiller chez autrui.

Au niveau de la législation et de l’animation de la vie nationale, de même que dans une famille pacifiée, il faut redéfinir les règles de jeu opposables à tous. La Nation congolaise réconciliée a besoin d’une Loi fondamentale appelé Constitution, ainsi que des Lois et Règlements organisant la vie communautaire, tirés des principes divins dont la présence doit transparaître dans la constitution.

Les textes légaux doivent définir les droits et les devoirs de chaque membre de la communauté, les responsabilités de chacun par rapport aux actes qu’il pose selon ses convictions, la structure hiérarchique qui préside à la destinée de la communauté, le rôle et la qualité des animateurs de cette structure, les valeurs considérées par la communauté comme ses idées - forces, la répartition des pouvoirs au sein de la communauté ainsi que les sanctions positives ou négatives par rapport aux actes posés vis-à-vis des textes légaux.

En particulier, le peuple chrétien veillera à l’atteinte des objectifs suivants :

- que les droits des citoyens ne violent pas la moralité ;

- que les devoir des citoyens préservent leur dignité ;

- que la liberté de la pensée ne soit jamais violée à condition que sa liberté ne porte préjudice à la liberté de l’autre ;

- que la structure hiérarchique soit animée, au niveau des institutions nationales, dans le respect de la représentation équilibrée et inclusive des provinces socialement et culturellement homogènes, au niveau des institutions provinciales, dans le respect de la représentation équilibrée et inclusive des communautés installées dans la Province, au niveau des institutions territoriales, dans le respect de la représentativité équilibrée et inclusive de tous les groupes sociaux habitant sur le territoire considéré ;

- que le rôle des animateurs à chaque niveau de la structure dirigeante du pays soit clairement définie ainsi que les responsabilités ;

- que la moralité, la compétence et l’expérience prévalent dans le critère de désignation des animateurs ;

- que les idées - forces porteuses des valeurs fondamentales impriment de manière indélébile le caractère chrétien dans l’identité nationale, libérant ainsi progressivement les populations congolaises des traditions opposées aux principes divins ;

- que la répartition des pouvoirs au sein des institutions consacre la séparation, l’indépendance, ainsi que la stabilité des pouvoirs exécutifs, législatifs et judiciaires, les animateurs étant inamovibles pendant des périodes constitutionnelles ;

- que seuls les vainqueurs aux élections gouvernent le pays, les perdants devant jouir leur rôle d’opposant au parlement, de manière à éviter le pourrissement dans la marche des institutions où la composition des acteurs politiques est tel qu’il n’y a ni vainqueur, ni vaincus ;

- qu’en cas de crise grave, l’opposition soit consultée pour apporter sa contribution dans la recherche des voies et moyens susceptibles de sauver la face ;

- qu’en cas de blocage dans la marche des institutions suite à des fautes graves rendant impossible la poursuite d’un mandat au sein d’une institution, le Parlement qui est l’émanation du peuple ait le dernier mot.

L’atteinte de ces objectifs politiques permettra sans nul doute d’aller vers la véritable paix en RDC.

Je voudrais conclure mon propos de ce jour en disant que nous, le peuple chrétien du Congo Démocratique, avons dans le Seigneur deux responsabilités historiques.

D’une part, nous avons le devoir patriotique de faire en sorte que les dirigeants politiques désignés par voie démocratique ne soient plus semblables aux hommes politiques qui, dans ce pays, ont considéré la politique comme un jeu sans règle, se considérant donc eux-mêmes comme des joueurs engagés sur un terrain dans le quel, faute d’arbitre, tous les coups sont permis, pour se maintenir au pouvoir le plus longtemps possible et s’enrichir sur le dos du peuple le plus vite possible.

D’autre part, nous devons définitivement dire adieu à l’état de torpeur dans lequel le peuple congolais s’est trouvé dans un moment de son histoire abandonnant son rôle d’arbitre dans le jeu chaotique qui a été longtemps observé sur l’espace politique national. L’arbitrage du peuple suite à la prise de Bukavu par le Général Laurent Kunda et le Colonel Jules Mutebutsi est un exemple encourageant.

Avec Dieu, il est possible de faire des exploits à condition que le peuple chrétien du Congo Démocratique envoie dans l’espace politique des hommes et des femmes qui en ont reçu l’appel de la part de Dieu, en vue de l’accomplissement de Proverbe 29,2 car, lorsque les justes deviendront nombreux au Congo Démocratique, le peuple se réjouira.

Je vous remercie.