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Source: Article from DIGITALCONGO.NET

Kinshasa, 16/05/2003 / Politique
Ce samedi 17 mai 2003, la transition a 13 ans et 3 semaines d’âge.Les dividandes escomptés de la libéralisation politique proclamée par Mobutu et de la libération conduite par L. D. Kabila puis réactivée par Joseph Kabila ont tous été ruinés par la volonté d’un seul homme: Etienne Tshisekedi.
Serait-ce le dernier 17 mai que les Congolais vont fęter dans les 24 heures, comme la prédit un confrčre ? Rien n’est sűr dans ce pays ŕ la réputation bien établie de ne jamais voir ses différents calendriers politiques appliqués comme arrętés!
Sauf imprévu donc, c’est ce samedi que l’événement sera célébré les sites choisis pour la circonstance sur tous les territoires sous contrôle du Gouvernement, tel le Boulevard Triomphal pour la ville de Kinshasa, ayant été aménagés.
L’événement, c’est aussi la coďncidence de la date elle-męme. En effet, c’est un samedi 17 mai 1997 que les troupes de l’Afdl avaient foulé le sol kinois, abandonné la veille par le maréchal Mobutu. Et c’est le premier samedi, depuis six ans, que les vaincus d’hier s’apprętent ŕ réinvestir le Pouvoir d’Etat ŕ la faveur du Dialogue intercongolais.
Les uns sont revenus par le canal du Mlc (Alexis Thambwe Mwamba et José Endundo), les autres du Rcd-Goma (Banza Mukalayi), les autres encore du Rcd-N (Tshibwabwa Ashila Pashi). Certains, sont rentrés d’exil (Gérard Kamanda, Edouard Mokolo wa Mpombo et Pierre Pay-Pay) pendant que d’autres sont restés au pays (Antoine Gizenga, André Be-Boliko, Cléophas Kamitatu, Nzuzi néwa Mbombo, Joseph Olenghankoy etc.).
Ils côtoient aujourd’hui les compagnons et les petits de Laurent Kabila
(Victor Mpoyo, Yerodia Abdoulay Ndombasi, She Okitundu, Mawampanga, Katumba Mwanke, George Buse Falay, Mwenze Kongolo, Théophilé Mbemba, Aghate Mulimbi, Juliana Lumuba, Kikaya bin Karubi, -Mova Sakanyi, Didier Mumengi etc.). vont-ils partager le męme espace dans les tribunes hérigées pour la circonstance ? Dieu seul sait
Mais ce que les Congolais, eux, ne peuvent pas ne pas savoir, c’est que la Transition entre dans sa quatričme phase. La 1 ere avec Mobutu entre avril 1 čre 1990 et mai 1997, la 2čme phase avec Laurent-Désiré Kabila entre mai 1997 et janvier 2001, la 3čme phase avec Joseph Kabila entré janvier 2001 et avril 2003 et la 4čme phase avec encore Joseph Kabila, cette fois ŕ partir d’avril 2003 pour, éventuellement, avril 2005 ou avril 2006. Du moins s’il faut identifier chaque phase ŕ l’animateur de la premičre institution, le Président de la République.
Véritable guerre d’usure
Peut-on cependant se réjouir de 3 premičres phases ? Au regard de leur bilan, on peut dire des 13 ans et 3 semaines qua dure la Transition qu’ils sont globalement négatifs.
Reste maintenant ŕ en connaître la cause principale
Il sied de commencer par admettre c’est une question de bon sens que personne de sensé n’accepte d’accéder au Pouvoir pour échouer et surtout pour tirer son plaisir de la souffrance du Peuple. Personne non plus n’anime l’Opposition politique ou ne lčve une rébellion pour le męme résultat. A moins d’ętre sadique!
Pour avoir livré “ le meilleur “ de lui-męme d’abord entre 1960 et 1965 en tant que chef d’Etat-major général de l’armée, ensuite entre 1965 et 1990 en qualité de président de la République, Mobutu n’avait, ŕ proprement, plus rien ŕ offrir ŕ ce pays entre 1 990 et 1997, Si ce n’est la réparation.
Peut-on cependant lui dire que ses Opposants comme sos partenaires l’avaient bien compris ? En était-il conscient lui-męme’? A ces deux questions, la réponse est la męme : probablement non. C’est plutôt Etienne Tshisekedi, soutenu alors par l’axe Paris-Bruxelles-Washington, qui devint sa principale bęte noire. Au cours des sept ans de la 1čre phase de cette Transition, il ne fit qu’une chose : dire OUI quand Mobutu disait NON, et dire NON quand Mobutu disait OUI.
Les “ initiés “, qui connaissaient bien ces deux hommes, ont toujours su qu’ils se rejetaient instinctivement et mutuellement pendant qu’on les exhortait ŕ faire ce qu’ils étaient incapables de faire, ŕ savoir se réconcilier.
Véritable guerre d’usure, le combat fratricide entre un Mobutu qui pouvait devenir 1er ministre et un Tshisekedi qui tenait absolument ŕ rester 1er ministre eut pour conséquence de rendre pratiquement ingouvernable l’Etat. En 7 ans, tous les secteurs de la vie politique, économique et sociale avaient été déréglés expressément : 5 textes constitutionnels, 4 parlements, 13 gouvernements, des forces armée, des forces de police et des services de renseignements parallčles et concurrentes, 450 partis politiques, une centaine de syndicats de travailleurs, 3 zones monétaires, une Administration publique pléthorique et rétrograde, tel aura été le bilan hérité du Pouvoir Mobutu et de l’Opposition Tshisekedi!
Succession des crises artificielles
Aide surtout par las Américains ŕ conquérir ce Pouvoir avec le concours des Rwandais, des Burundais, des Ougandais, mais aussi des Angolais, Laurent-Désiré Kabila va demander deux ans seulement pour rendre un minimum de gouvernabilité ŕ l’Etat.
Les lui a-t-on donné? Pas du tout, par Tshisekedi qui, alors en séjour ŕ Nice en novembre 1996, n’avait pas vu dans les rangs de l’Afdl des Rwandais (il avait déclaré ce mouvement composé uniquement que de patriotes zaďrois et qualifié Kabila de digne fils du pays), sera le premier ŕ piéger le nouvel homme fort. D’abord en l’enjoignant de s’impliquer dans le schéma de la Cns faisant de lui le gouvernant et réduisant le vainqueur de Mobutu en simple régnant. Ensuite en dénonçant la présence, dans l’entourage du nouveau chef de l’Etat, “des gamins rwandais” qui vont l’empęcher de rencontrer son frčre en mai19971
Peut-on concrčtement, dire que la crise recherchée par Tshisekedi en 1997 et celle créée par la coalition rwando-burundo-ougandaise avec l’agression ayant porte a bout de bras Ies rebellions Rcd-Goma, Mlc, Rcd-N, Rcd-Ml, milices Hema Upc et milices Lendu ont effectivement profité au Congo au cours de ces six ans?
Pas du tout. Au contraire, cette succession de crises artificielles n’a fait que ruiner las espoirs soulevés par la Révolution du 17 mai, exactement comme ont été ruinés les espoirs soulevés par la Libéralisation politique du 24 avril 1990.
Encourager d’abord, combattre ensuite
Les observateurs avertis noteront au moins que depuis son avčnement ŕ la magistrature supręme, Joseph Kabila aura déployé énormément d’efforts pour ramener la paix au pays et ouvrir effectivement le Congo au monde.
Il est vrai que le 6čme anniversaire de la Révolution du 17 mai survient au moment oů les affrontements ont repris ŕ l’Est, principalement en Ituri. Peut-on formellement rendre le “Gouvernement de Kinshasa “ responsable de cette situation, lui qui n’a fait que faire confiance ŕ l’Ouganda au travers de l’Accord de Luanda et ŕ la Monuc au travers de la Commission de pacification ?
Il est vrai que ce 6čme anniversaire survient au moment oů la composante” Opposition politique “ est divisée ŕ la suite de la désignation des hauts représentants ŕ la Commission de suivi et des délégués auprčs des différentes Institutions de la Transition. Faut-il rendre le Gouvernement de Kinshasa responsable d’une crise créée et entretenue plus par Etienne Tshisekedi que par Arthur Z’Ahidi Ngoma ou Antoine Gizenga?
Il est vrai que ce 6eme anniversaire survient au moment oů les belligérants font face ŕ la difficulté majeure de constituer le Haut commandement militaire censé ętre inclusif. Faut-il rendre le “Gouvernement de Kinshasa” responsable de la politique d’exclusion pratiquée par le Rcd-Goma, résolu ŕ voir le partage du pouvoir militaire ŕ ce niveau lŕ limité aux prétendus principaux belligérants?
Heureusement qu’il est vrai que l’événement survient au moment oů, grâce au “Gouvernement de Kinshasa “, la gestion de tous les programmes arrętés avec le Fmi et la Banque mondiale permet aux nouvelles Institutions de la Transition de disposer d’un bon matelas d’argent frais pour relancer la production nationale.
Les annales retiendront pour la postérité que c’est sous la houlette d’Etienne Tshisekedi que la suspension de la coopération structurelle avait été réclamée, et c’est encore sous sa houlette que le maintien de la suspension a été réclamé.
Aujourd’hui, il se bat pour moissonner ce qu’il n’a pas semé. Et sa machine ŕ diaboliser est actionnée pour cracher sur l’anniversaire de la révolution du 17 mai.

Last edited: 07/05/2006 00:34:12